Une jolie petite histoire

Un nouvel élève m’a raconté cette jolie petite anecdote et comme j’aime qu’on me raconte de belles histoires (qui finissent bien, de préférence, comme dans les dessins-animés de Disney), je lui ai demandé de me l’écrire pour la partager avec les millions de lecteurs de ce blog.

Amis lecteurs, amies lectrices, voici ses mots :

« Isabelle est professeur de piano. Elle a 58 ans quand je la rencontre pour la première fois. A 40 ans me voilà décidé à apprendre à jouer du piano. Je n’en n’ai pas chez moi. Jamais de solfège, aucun autre instrument, mais une envie irrépressible d’apprendre à jouer du piano.
Isabelle m’accueille sur le stand de l’école de musique municipale, un samedi de début septembre. Nous allons bientôt commencer les cours. Elle me propose une méthode pour enfants, avec des dessins de girafes, crocodiles et lapins. Cà commence bien. Au fil des leçons, une complicité professeur élève s’installe.

Pascal a 59 ans. Il est avocat, et pianiste passionné. Il a commencé tout petit, du classique et puis du jazz. Pascal quitte ses habits d’avocat avec hâte pour retrouver son groupe de musiciens, avec lequel il joue depuis une dizaine d’années. Pascal est séparé. Papa de 3 grands enfants, il vit seul dans l’ouest parisien. Seul avec un crapaud. Pas l’animal bien sûr, le piano. A Paris, un soir de mars, je l’écoute faire résonner ses accords, vivre sa musique, échanger avec ses deux amis musiciens des regards complices. Remercier son public pour les applaudissements chaleureux. Pendant la pause l’occasion est trop belle. Je vais lui parler. Lui avoue que j’aime ce qu’il joue, et mes débuts de pratique. Je lui parle d’Isabelle.

Isabelle est maman de deux filles bientôt trentenaires. Elle est séparée et célibataire. Beaucoup de valeurs, de rigueur, en font un professeur exigeant. Elle aime rire et aime la vie. Je lui parle de Pascal.

Un vendredi soir, j’ai prévenu Pascal pour qu’il nous garde une table. Nous serons plusieurs à venir l’écouter. Un dîner spectacle à Paris. Je fais voiture commune avec Isabelle.
Lorsque leurs regards se croisent, lorsqu’elle écoute sa musique, la magie opère, instantanément. J’ai eu la chance de croiser leurs regards à ce moment précis. Toute l’humanité tourne autour de cet instant. Et je l’ai vu, je mesure ma chance. Cupidon est amateur de piano ce soir là. De jazz ou de classique peu importe. Il est au rendez-vous.

Le temps s’arrête pour eux et puis file a toute vitesse. Cupidon n’a pas le sens du tempo. Nous repartons déjà et Isabelle n’a pas pu parler très longtemps à Pascal. Trop de monde. Juste quelques mots.
Dans la voiture Isabelle a 15 ans. Elle me demande comment revoir Pascal, elle n’a pas eu le temps de lui laisser un téléphone, un email, un message…
Je rassure ma passagère. On inverse les rôles un instant. Je lui parle de patience, de tempo, de silences et d’harmonie.

J’ai écrit à Pascal, le soir même, en mettant Isabelle en copie.

Pascal et Isabelle se sont écrit, se sont revus. Il sont ensemble depuis bientôt 2 ans.

Le piano c’est la vie »

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