Quelle marque de piano choisir? (1)

Difficile de se repérer dans la jungle des marques, avec des budgets souvent limités, un manque de place pour installer son piano, une oreille novice qui aura du mal à faire la différence entre tel ou tel son.

Comme toujours, ces conseils resteront subjectifs, mais avertis, c’est certain.

Précision : je vais parler ici des marques de pianos acoustiques car celles des numériques sont beaucoup plus limitées (en gros, Yamaha, Kawaï, Roland => toutes à peu près équivalentes étant donné la nature d’un piano numérique. Voir l’article « piano acoustique vs piano numérique »)

Premier conseil : faites le tour des magasins pour écouter le maximum de pianos possibles. Quand on s’engage à faire ce type d’achat, c’est pour longtemps alors autant éviter de futures déceptions à cause d’une précipitation malvenue.

Si vous n’êtes pas du tout mélomane ou si vous considérez que vous n’y arriverez pas seul, faites-vous accompagner par des amis qui s’y connaissent plus que vous. Si vous n’en avez pas, demandez à votre professeur ou à celui de votre enfant.

A mon sens, l’achat d’un piano relève en grande partie de l’affect (si tant est que cet achat compte pour vous). Soit vous êtes rationnel et vous mesurerez d’abord le rapport qualité/ prix, soit vous êtes plus dans l’affect et vous marcherez au coup de coeur. Faisant partie de cette seconde catégorie de personnes, j’aurais tendance à dire que sans vrai coup de coeur, point d’achat.

Pour ce qui est du rapport qualité / prix, il est vrai que la marque YAMAHA s’en sort très bien. Vous aurez de bons pianos d’étude, mais si vous avez les moyens d’acheter un piano à queue, je trouverais dommage de choisir cette marque. Parce que lorsqu’on a le budget pour un piano à queue, autrement dit pour les rolls du piano, autant prendre un piano dont le son est au niveau, autrement dit velouté, moelleux, avec du caractère. Pour moi, les Yamaha sont des pianos un peu fades, qui lassent, même s’il faut reconnaître que la marque a fait beaucoup de progrès.

Le son d’un piano, c’est un peu comme sa carte d’identité. C’est donc le critère le plus important. C’est le son qui vous séduira d’emblée ou qui vous laissera indifférent. Et même si un très bon pianiste peut jouer sur tous les instruments, c’est quand même plus agréable d’avoir du répondant et de sentir que son piano à une résonance toute particulière.

Les connaisseurs du piano le savent : difficile pour une marque de piano d’être au niveau des marques allemandes. Il y a un savoir-faire inimitable qui rend ces pianos assez extraordinaires. Si je tape dans le plus haut, il y a les Bechstein (hors de prix, comptez au moins 30000 euros pour un piano à queue), les Bösendorfer, mais surtout les Steinway car oui, Steinway, à la base, s’appelait Steinweg. Les Steinweg ont émigré aux Etats-Unis et ont changé de nom par la même occasion. Mais le savoir-faire d’origine reste allemand.

Steinway équipe aujourd’hui la plupart des salles de concert et ce n’est pas pour rien, ce sont des pianos magiques, des modèles d’équilibre, avec des graves profondes, des aigus cristallins, un son chaud, plus brillant parfois (en fonction des réglages), quelque chose d’enveloppant qui séduit immédiatement. Mais attention là encore, si l’on veut par exemple vous revendre un Steinway d’occasion qui aura été stocké pendant 30 ans dans une pièce humide…il risque de ne pas être au niveau de ce qu’on peut attendre de la marque. Tout est donc aussi question d’ancienneté et d’entretien.

Les Schimmel sont pas mal non plus. J’en ai essayé quelques-uns et ils se révèlent être beaucoup plus abordables que leurs compatriotes.

Dans la catégorie piano haut-de-gamme, il faut citer la marque italienne, « Fazioli« , dont chaque piano est apparemment unique. Je n’en ai jamais testé, mais je sais qu’ils jouissent d’une réputation extrêmement flatteuse.

Il y aussi les marques françaises qui restent d’excellente qualité (Erard, Pleyel, Gaveau, entre autres), mais qui, aux dernières nouvelles, ne sont plus fabriquées. Je sais que l’usine Pleyel d’Alès a malheureusement fermé il y a quelques années, même si le magasin du même nom en vend encore dans le 8ème, juste à côté de la salle Pleyel. Vous trouverez donc essentiellement ces marques en occasion, mais ça vaut vraiment le coup si vous dénichez une perle bien entretenue. En plus, ces marques sont bien moins chères que des marques allemandes.

Pour ma part, j’ai un piano droit Pleyel et je ne saurais que trop recommander cette marque très appréciée par Chopin en son temps. Ceci dit, le clavier d’un Pleyel est toujours plus lourd que celui d’une autre marque, piano « exigeant » donc, car la résistance des touches vous permettra de faire plus de choses, même si le toucher est moins évident à maîtriser.

Je recommande également la marque Petrof, piano très « romantique », permettant tous les excès, mais surtout, de bonne qualité et issu d’un savoir-faire européen également.

Quant à toutes les marques inconnues au bataillon, mieux vaut acheter un Yamaha, sincèrement. Au moins, vous pourrez le revendre plus facilement quand vous en aurez assez ;)

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