Piano numérique VS piano acoustique

Comment choisir? Cela dépend de plusieurs critères, bien sûr.

Petite distinction, d’abord, entre le piano numérique et le synthétiseur : le synthé, c’est le clavier transportable, souvent petit (il n’a pas l’étendue d’un piano « normal », c’est à dire 88 touches), qui a un toucher très « mou » et souvent plein de boutons et d’options (très utilisé dans les années 80, sur des textes toujours philosophiques).

Le numérique, en revanche, c’est un piano qui comporte 88 touches, qui a un toucher « lourd » (toucher qui tente de se rapprocher au maximum de celui d’un piano acoustique), qui est plus imposant (il est intégré dans un meuble la plupart du temps et prend quasiment autant de place, en longueur, qu’un « vrai piano »).

Pour connaître un peu mieux les marques de pianos numériques, voir l’article « Comparatif des marques de pianos numériques ».

Le synthétiseur est à proscrire si l’on veut vraiment apprendre le piano, car il n’a pas de possibilités expressives (appuyez fortement ou doucement ne changera rien au son) et son toucher, beaucoup trop léger, ne formera pas la main. Ça peut dépanner pour démarrer, mais vraiment, je déconseille fortement.

Mes élèves le savent, je reste une « puriste » et ne saurais que trop recommander un piano acoustique. Mais, consciente des contraintes de chacun, je vais tenter de vous parler de leurs différences de la manière la plus objective possible (j’ai bien dit que j’allais tenter).

Le (sacro-saint) prix : c’est sûr, un piano numérique coûte beaucoup moins cher. Plusieurs centaines d’euros alors qu’il faut plutôt compter plusieurs milliers d’euros pour un acoustique. CECI DIT, si vous surfez sur internet, vous pourrez trouver des occasions qui se situent dans des fourchettes de prix intermédiaires. On peut trouver des perles, mais il faut aller les écouter, bien sûr.

La taille : Un numérique donne l’illusion qu’il prend moins de place, mais c’est plus un effet d’optique qu’autre chose. Avec 88 touches, on ne peut pas rétrécir la longueur. En revanche, le meuble étant beaucoup moins imposant (et beaucoup moins haut), on gagne pour la hauteur.

Le toucher : Oui, des efforts ont été faits pour rendre le toucher des numériques plus lourd, mais non, ce n’est pas la même chose. Il faut jouer sur les 2 pour s’en rendre compte. Le travail du son ne peut pas se faire correctement avec un clavier numérique. La résistance offerte par les touches d’un piano acoustique permet le travail de « modelage » du son, un travail très fin, qui exige un vrai piano. Après, pour commencer, ça peut-être bien, mais si on a le choix, préférez l’acoustique.

Le son : C’est la différence la plus notable. Une corde qui vibre et un son de piano numérique, c’est juste radicalement différent. La vibration, c’est physique. Il y a l’amplitude, la résonance du piano qui entre en résonance avec notre corps. Ce contact charnel, physique avec l’instrument est à mon sens PRIMORDIAL. C’est là que se trouve la charge émotionnelle.

Hélène Grimaux qui, le temps d’un documentaire, a bien voulu quitter ses loups et son loft new-yorkais, pense même que la vibration préserve le corps, entretient une forme de jeunesse corporelle. Bref, jamais vous ne remplacerez l’effet physique produit par la vibration d’une corde.

Ensuite, s’agissant des différentes options d’un numérique, tout dépend de l’utilisation que vous souhaitez en faire. En général, évitez les options inutiles qui gonfleront le prix, les critères les plus importants étant le toucher et le son.

Les voisins, votre femme, votre mari, vos enfants : sans doute, se réjouiront-ils de l’achat de votre numérique car ils savent que vous pourrez jouer au casque. C’est sûr, le numérique permet de jouer à toute heure. Il existe des systèmes silent pour les pianos acoustiques qui peuvent apparemment détériorer le piano au bout d’un certain temps (selon certains vendeurs honnêtes). Je n’ai jamais testé, je ne saurais vous dire.

Petite note, tout de même, pour le jeu au casque. J’ai des élèves qui le font beaucoup et nous avons pu constater ensemble que le décalage était assez grand et perturbateur lorsqu’on passait d’un piano numérique « casqué » à un piano acoustique. Quand ils viennent chez moi, ils s’en rendent compte et ce n’est jamais évident. C’est comme jouer dans une bulle, on croit mieux entendre, mais en fait, c’est le contraire. La vraie écoute demande une distanciation par rapport au son que l’on produit, distanciation rendue plus difficile, je crois, quand on est immergé dans sa bulle sonore.

La pédale : pour un numérique, préférez une pédale fixée au meuble, plutôt qu’une pédale mobile (raccordée par un fil) car cette dernière bougera forcément, déstabilisant toute votre posture et tout votre confort de jeu. En plus, elle n’aura pas la même résistance qu’une pédale fixe et il faut bien que les petits tendons de votre pied s’assouplissent, sous peine de douleurs pas très agréables quand vous passerez sur un acoustique.

Dernière précision : entre le tabouret et la banquette, la deuxième est préférable si vous pouvez (mais plus chère). Ça vous évitera des déséquilibres lorsque vous vous pencherez irrémédiablement sur le côté, sans même vous en rendre compte.

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