Peut-on commencer le piano à l’âge adulte?

 

Comme la question revient souvent, j’ai trouvé utile de rassurer un certain nombres de personnes sur ce sujet.

Un jour, une vieille dame me disait : « C’est typique de la culture Occidentale de penser qu’il faut commencer une discipline de manière précoce, si l’on souhaite y arriver. En Chine, il y a la culture des vieux prodiges. »

Cette idée reçue, bien ancrée et confortée par la réalité du monde du travail ainsi que les percées médiatiques de petits prodiges de tous poils, en décourage sans doute plus d’un.

S’il fallait que les progrès soient forcément rapides pour être « valables » ou procurer le plaisir de jouer, je parierai que bon nombres d’artistes n’auraient pas fait carrière.

Quelques points pour vous rassurer :

  1. Certes, l’ossification de la main d’un enfant n’est pas encore faite, mais on peut très bien jouer et travailler l’extension de la main une fois adulte. Je connais même des adultes plus souples que certains enfants.
  2. Un enfant a plus de temps que vous pour travailler? C’est souvent le cas, mais il n’aura peut-être pas la même motivation et ça fera toute la différence dans la vitesse de progression.
  3. Un enfant sera moins stressé (quoique), ce qui influera sur le son que j’obtiendrai. Peut-être, mais un enfant est souvent beaucoup moins conscient qu’un adulte de la nécessité d’une recherche sonore.
  4. Un enfant va intégrer une partition plus facilement/ plus rapidement? J’ai tous les jours la preuve du contraire car tout dépend de votre TRAVAIL.
  5. Un adulte rechignera parfois moins à faire de la technique, vitale si l’on veut accéder à un répertoire difficile.
  6. Un adulte aura plus de maturité pour interpréter des oeuvres.
  7. Un adulte, s’il est motivé par une vraie démarche, sera peut-être moins tenté d’arrêter par rapport à un enfant qui aura été poussé par ses parents.
  8. Un adulte peut aussi bien éduquer son oreille qu’un enfant, en écoutant des oeuvres et en allant aux concerts.

Demandez-vous quels sont vos objectifs et vous comprendrez peut-être qu’on peut se faire plaisir à n’importe quel âge.


Dans un autre article (« cf l’adulte prodige »), je cite l’exemple d’une adulte qui a pu atteindre le niveau d’une concertiste professionnelle, la preuve que tout est possible, si l’on désire réellement quelque chose et si l’on s’en donne les moyens.


Au quotidien, le certitude acquise au fil des conversations avec mes élèves, c’est que ce sont bien plus les barrières psychologiques que les barrières physiques qui empêchent parfois d’avancer et de prendre du plaisir à ce que l’on fait.


C’est pour cela que souvent, la pratique du piano est le début d’une réflexion sur soi qui, elle, se révèle être difficile. Les élèves adultes le sentent, l’apprentissage (surtout dans une discipline artistique), lorsqu’on s’y investit vraiment, peut remettre en cause des pans de notre personnalité.


La question que l’on doit se poser, à mon sens n’est donc pas : « Puis-je commencer le piano adulte? », mais « suis-je prêt à m’investir dans une discipline qui changera peut-être le regard que je porte sur moi et sur les autres? 

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