Les grands pianistes du 20ième siècle

pianistes lompech

On l’aime cette petite collection musicale de chez Buchet Chastel qui sort régulièrement des livres de qualités sur les grands interprètes.

Pour mémoire, le livre sur Martha Argerich, très belle biographie qui permet d’approcher un peu plus la personnalité riche et complexe de la première gagnante féminine du concours Chopin.

Cette dernière a ses quelques pages qui lui sont consacrées dans ce « panorama » des grands pianistes du siècle dernier, 44 au total.

Ce qui est intéressant, je trouve, c’est qu’Alain Lompech (journaliste au Monde de la musique) mêle aux éléments biographiques des remarques plus générales sur l’interprétation, des anecdotes pleines de sel qui révèlent à la fois la personnalité de certains interprètes, mais surtout l’exigence du milieu classique.

On notera, par exemple, la visite d’Aldo Ciccolini au grand professeur et interprète Alfred Cortot, que Ciccolini raconte à l’auteur du livre : « Cortot m’a écouté en silence jusqu’au bout. Ne m’arrêtant jamais. Les dernières sonorités évanouies, il est resté immobile. Ne sachant trop quoi faire, je me suis levé pour prendre congé. Cortot m’a accompagné jusqu’à la porte et là, quand je partais, il m’a dit ceci : « Mon petit, n’oubliez jamais ceci : Prélude, choral et fugue [de César Franck] n’est pas une poubelle autobiographique. C’est la plus grande leçon de musique que j’ai reçue de ma vie. »

Kempff disant de Samson François, alors qu’il venait de jouer la polonaise « héroïque » de Chopin : « Je ne crois pas qu’il soit possible dans le monde d’entendre quelqu’un qui joue cette pièce aussi bien que Samson François. »

Vlado Perelmuter, membre du jury du concours Chopin de 1965 (remporté par Martha Argerich) raconte avoir été en larmes après avoir entendu la première phrase de la Barcarolle de Chopin, jouée par Martha : « Je savais que personne ne pouvait exister à côté d’elle parmi les autres candidats, quel que soit leur talent. »

Les relations houleuses entre Catherine Collard et son professeur un brun possessive, Yvonne Lefébure, déchirant une critique presse admirative du jeu de Collard : « Ma petite! Tu ne vas quand même pas croire cette critique! Tu as encore besoin de moi! ».

Il est agréable de parcourir ces pages, on regrettera peut-être la brièveté de celles qui sont consacrées à chaque pianiste (forcément, une quasi-anthologie n’aspire pas à l’exhaustivité), mais cela reste un bon point d’entrée pour explorer la vie et les enregistrements de ceux qui nous auront touchés.

Un petit bonus tout aussi agréable, offert avec le livre : 2 CD cumulant 16h de musique au total (format mp3, lisible en audio, en tout cas sur ma platine DVD)! Je déplore juste un peu la sur-représentation de Beethoven dans les enregistrements du 1er CD ainsi que l’absence de certains, comme Martha Argerich ou Maurizio Pollini, pour ne citer qu’eux…

Bonne lecture à vous.

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