L’apprentissage du piano, vu par mes élèves (1)

Il y a quelques temps, j’ai demandé à mes élèves de répondre à quelques questions liées à l’apprentissage du piano, consciente qu’ils rencontraient tous le même genre de difficultés.

Mais ils ne le savent pas forcément et l’isolement n’aide pas, lorsqu’on s’investit dans une discipline exigeante.

Voilà le but de ces articles : montrer à tous ceux qui pratiquent le piano qu’ils se posent souvent les mêmes questions. Proposer également des débuts de réponses à travers les échanges sur ce site.

Trois d’entre eux ont bien voulu répondre (et donc « se mouiller »). Je les en remercie très chaleureusement.

Voici leurs impressions d’élèves. N’hésitez pas à apporter votre contribution en commentant ces articles.

1. Quelle est la principale difficulté que vous rencontrez dans l’apprentissage du piano?

 

« Parvenir à jouer les œuvres telles que je les entend intérieurement.
Cette difficulté soulève à elle seule je pense toutes les réelles difficultés, la richesse et l’évolution humaine qui peut découler de la pratique de la musique. Pourquoi j’entends ça ? Quel est le son que j’entends réellement ? Pourquoi je trouve « ça » beau alors que c’est moche et qu’en plus c’est pas « écrit »? Est-ce une bonne idée à affiner? Dois-je changer pour aimer autre chose (oui mais pas toujours) ??
Est-ce que le son entendu est reproductible par l’instrument (même le piano à ses limites… lesquelles sont elles? Etc.) Comment y parvenir ? Est-ce que c’est le fruit d’un travail dans le détail ou est-ce un ensemble de notes/structures « difformes », telles des pièces de puzzle qui, assemblées, vont donner une belle image et si tel est le cas, quelle est cette image et quelles sont les émotions qu’elle traduit ?? Comment coordonner ces émotions pour les livrer avec clarté ?  »

 

« Techniquement, plusieurs difficultés : la fluidité (le liant), l’articulation ainsi que l’ancrage dans le clavier sans oublier le rythme !!! Difficile d’en choisir une en particulier…En dehors de la technique, je dirais la patience, « ne pas vouloir aller plus vite que la musique », que ce soit lors de l’étude d’un nouveau morceau (prendre le temps d’assimiler les mains séparées avant de vouloir les mettre ensemble) ou dans le choix des morceaux (attendre d’avoir le niveau technique nécessaire !!! Patience toujours). »

 

« Difficile de prendre chaque jour le temps de travailler le piano au moins ½ heure, l’idéal pour moi étant 1h (le solfège passe souvent à la trappe).
Le risque de décrocher jusqu’à la reprise des cours est plus grand durant l’été. »

2. Quelle est, selon vous, la principale qualité requise dans l’apprentissage du piano?

« La persévérance. »

« ça dépend de ce qu’on entend par « apprentissage du piano ». »

« La persévérance est nécessaire : on passe systématiquement par des phases de découragement où on a l’impression de stagner, voire de régresser, en tous cas, de ne pas évoluer aussi vite qu’on le souhaiterait. Mais la principale qualité, me semble-t-il, est la capacité de travail. Rien ne remplace le travail. Le travail, le travail toujours mais tout en en conservant le plaisir de jouer. »

3.  Aviez-vous des préjugés sur la musique et/ou le piano avant de commencer? Certains de ces préjugés ont-il volé en éclat?

« ça fait trop longtemps, je ne m’en souviens plus :o ) !!« 

« J’imaginais que l’apprentissage du piano était difficile. Je le pense encore aujourd’hui et je mesure maintenant davantage à quel point la musique est un art exigeant.
Je me suis – brièvement – demandée s’il n’était pas trop tard pour me lancer (j’avais 48 ans). Aujourd’hui, je suis plus que jamais convaincue que si l’envie est là, il faut y donner suite, c’est tout. »

4. En quoi l’apprentissage du piano a-t-il un impact sur votre vie?

« C’est comme si j’avais ouvert une porte sur un nouveau monde. Je ne m’y sens pas du tout à l’aise (pas encore …) mais je le ressens comme une source de joie à portée de doigts.
Aujourd’hui j’écoute la musique différemment, je suis notamment plus attentive aux accompagnements au piano.
Il est souvent difficile de me mettre à travailler (longue journée de travail, fatigue …), mais dès que 5 minutes sont passées, je ne vois plus le temps défiler, je m’évade.
En résumé, cela me demande beaucoup d’efforts mais ça me fait beaucoup de bien.
Le meilleur moment et le plus intimidant : quand je pose les doigts sur le clavier d’un vrai piano (j’ai un piano numérique), en cours ou dans un magasin de pianos. »

« C’est une petite parenthèse dans la journée où j’essaie d’oublier les problèmes, réduire les tensions accumulées. Pour les réduire, il faut en prendre conscience, ce qui n’est pas toujours le cas. Cela nous oblige à être davantage à l’écoute de soi-même et parfois ça fait peur … « 

« Tant de choses sont arrivées, mais doit-on tenir la musique pour responsable de tout ? J’ai des doutes. Il est bien trop tôt pour que je puisse répondre à une question si sérieuse.  D’ailleurs, le pourrais-je un jour ? L’humain à la fâcheuse habitude de fonctionner par associations d’événements et d’idées. Il tire les conclusions qui l’arrangent quant ça l’arrange. Il est en quelque sorte « drogué aux certitudes ». Pour ma part je tente de me sevrer et répondre à cette question me ferait « replonger ». »

(La suite, dans le prochain article)

 

 


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