Claudio Arrau et la psychanalyse

 

 

claudio arrau

 

 

Le hasard de mes lectures fait que je me penche de nouveau sur la vie d’un pianiste sud-américain, le chilien Claudio Arrau.

 

Mes amis connaissent ma passion pour la psychanalyse et Claudio Arrau est, à ma connaissance, le seul  grand pianisite qui ait véritablement parlé du rapport entre l’artiste et cette discipline.

 

Mes élèves adultes ne tardent jamais à découvrir que leur apprentissage du piano ne se limite pas au travail de l’instrument. Au contraire, ils approfondissent, grâce à ce médium, la connaissance qu’ils ont d’eux-mêmes…ce qui n’est jamais une tâche facile.

 

Les blocages sont multiples. Ils peuvent être physiques, mais ce cas de figure est finalement assez rare. En revanche, la cohorte d’angoisses, de peurs (de l’échec ou de la réussite), l’envie de « bien faire » poussée jusqu’au perfectionnisme le plus inhibiteur, sont des épreuves quotidiennes, pour eux, comme pour moi.

 

C’est la raison pour laquelle j’ai toujours pensé qu’un bon professeur devait être aussi un bon psychologue. Ce que mes élèves ne savent pas toujours, c’est que j’en apprends autant sur moi que pendant mes années d’apprentissage. Et là encore, rien de moins évident.

 

 

Claudio Arrau aura été l’élève d’un unique professeur, Martin Krause. Ce dernier avait lui-même été l’élève de Franz Liszt…La relation qui liait Martin à Claudio était plus que filiale. Pour Arrau,  Krause était un père de substitution, lui qui avait perdu son vrai père à l’âge de 1 an.

 

Lorsque le professeur meurt en 1918, Arrau se retrouve livré à lui-même dans le Berlin de l’après-guerre. Il tente une brève tournée aux Etats-Unis mais au retour, souhaite tout abandonner. Finalement, il entre en psychanalyse, comme un ultime recours. Il mena une grande carrière d’interprète, avant de s’éteindre en 1991.

 

 

Je vous livre en vrac quelques pensées de notre cher Claudio…

 

« Élèves et amis m’ont plus d’une fois entendu dire que dans mon utopie d’école de musique, la psychanalyse serait inscrite au programme comme discipline obligatoire. Elle, et la danse.

 

La psychanalyse, pour enseigner à l’aspirant artiste les besoins et les pulsions de sa psyché, en sorte qu’il apprenne à se connaître lui-même moins tard, et engage plus tôt le processus de son propre épanouissement, qui jusqu’à la fin de sa vie doit être son premier moteur, tant comme artiste que comme homme.

 

J’y ajouterais les disciplines modernes de la danse en raison de leurs mouvements, expressifs, libérateurs des blocages psychologiques, des tensions et inhibitions. Ils assument pleinement les émotions, ils les projettent en clair. »

 

« Le malheur est que notre société contemporaine, où les biens matériels et la compétition comptent plus que le reste, laisse peu de place aux valeurs de croissance et d’épanouissement. »

 

« Dans mon utopie d’école, les jeunes artistes concourraient, mais il n’y aurait pas de premier prix: seulement des prix pour des vertus diverses. »

 

« Sur trente ans, l’analyse m’a aidé à y voir clair dans ma jungle psychique personnelle jusqu’à ce que mes forces créatrices profondes puissent jaillir librement. Des couches et des couches de leurres et de choses inessentielles ont pu être déblayées, dans un processus qui doit continuer jusqu’à la mort. En ce sens du moins le vieux dicton dit vrai: on ne s’arrête qu’en mourant. »

 

 

Le hasard de mes lectures fait que je me penche de nouveau sur la vie d’un pianiste sud-américain, le chilien Claudio Arrau.

Mes amis connaissent ma passion pour la psychanalyse et Claudio Arrau est, à ma connaissance, le seul  grand pianisite qui ait véritablement parlé du rapport entre l’artiste et cette discipline.

Mes élèves adultes ne tardent jamais à découvrir que leur apprentissage du piano ne se limite pas au travail de l’instrument. Au contraire, ils approfondissent, grâce à ce médium, la connaissance qu’ils ont d’eux-mêmes…ce qui n’est jamais une tâche facile.

Les blocages sont multiples. Ils peuvent être physiques, mais ce cas de figure est finalement assez rare. En revanche, la cohorte d’angoisses, de peurs (de l’échec ou de la réussite), l’envie de « bien faire » poussée jusqu’au perfectionnisme le plus inhibiteur, sont des épreuves quotidiennes, pour eux, comme pour moi.

C’est la raison pour laquelle j’ai toujours pensé qu’un bon professeur devait être aussi un bon psychologue. Ce que mes élèves ne savent pas toujours, c’est que j’en apprends autant sur moi que pendant mes années d’apprentissage. Et là encore, rien de moins évident.

Claudio Arrau aura été l’élève d’un unique professeur, Martin Krause. Ce dernier avait lui-même été l’élève de Franz Liszt…La relation qui liait Martin à Claudio était plus que filiale. Pour Arrau,  Krause était un père de substitution, lui qui avait perdu son vrai père à l’âge de 1 an.

Lorsque le professeur meurt en 1918, Arrau se retrouve livré à lui-même dans le Berlin de l’après-guerre. Il tente une brève tournée aux Etats-Unis mais au retour, souhaite tout abandonner. Finalement, il entre en psychanalyse, comme un ultime recours. Il mena une grande carrière d’interprète, avant de s’éteindre en 1991.

Je vous livre en vrac quelques pensées de notre cher Claudio…

« Élèves et amis m’ont plus d’une fois entendu dire que dans mon utopie d’école de musique, la psychanalyse serait inscrite au programme comme discipline obligatoire. Elle, et la danse.

La psychanalyse, pour enseigner à l’aspirant artiste les besoins et les pulsions de sa psyché, en sorte qu’il apprenne à se connaître lui-même moins tard, et engage plus tôt le processus de son propre épanouissement, qui jusqu’à la fin de sa vie doit être son premier moteur, tant comme artiste que comme homme.

J’y ajouterais les disciplines modernes de la danse en raison de leurs mouvements, expressifs, libérateurs des blocages psychologiques, des tensions et inhibitions. Ils assument pleinement les émotions, ils les projettent en clair. »

« Le malheur est que notre société contemporaine, où les biens matériels et la compétition comptent plus que le reste, laisse peu de place aux valeurs de croissance et d’épanouissement. »

« Dans mon utopie d’école, les jeunes artistes concourraient, mais il n’y aurait pas de premier prix: seulement des prix pour des vertus diverses. »

« Sur trente ans, l’analyse m’a aidé à y voir clair dans ma jungle psychique personnelle jusqu’à ce que mes forces créatrices profondes puissent jaillir librement. Des couches et des couches de leurres et de choses inessentielles ont pu être déblayées, dans un processus qui doit continuer jusqu’à la mort. En ce sens du moins le vieux dicton dit vrai: on ne s’arrête qu’en mourant. »

 

Etude d’exécution transcendante n°1 de Liszt, par Claudio Arrau :

http://youtu.be/Yb97OIe3r9I

 

 

 

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